Dynastie ou parité ?

Mathieu Angers June 6, 2012 3
Dynastie ou parité ?

Une expression très à la mode auprès de certains analystes LNH, outre l’excessive “nouvelle ligue nationale” (expression consacrée depuis 2004, on repassera pour la nouveauté), c’est la parité qui règne au sein du circuit Bettman. Salué par plusieurs, décrié par les autres, ce rapport égalitaire entre les équipes frappe aussi les autres ligues de sport professionnel en Amérique. De quoi jeter dans le fond du garde-robe le sacro-saint concept de dynastie, aux côtés du Tamagotchi, des POGS et de mon collier de Brian des BackStreet Boys (on en reparlera).

Le site LastWordOnSports y est allé d’une intéressante analyse sur la dualité parité/dynastie dans la LNH, la NFL, la MLB et la NBA en comparant les gagnants des séries éliminatoires des années 80 à ceux des 10 dernières années.

* Le chiffre accolé aux villes représente le rang en saison régulière et la dernière colonne concerne la NBA. Source : Lastwordonsports.com

NFL / rang
MLB / rang
NHL / rang
1980  Pittsburgh /2  Philadelphia /2  NY Islanders /2  LA Lakers /1
1981  Oakland /4  Los Angeles /2  NY Islanders /1  Boston /1
1982  San Francisco /1  St. Louis /1  NY Islanders/1  LA Lakers /1
1983  Washington/1  Baltimore /2  NY Islanders /1  Philadelphia /1
1984  Los Angeles/1  Detroit /1  Edmonton /1  Boston /1
1985  San Fran /1  Kansas City /2  Edmonton /1  LA Lakers /1
1986  Chicago /1  NY Mets /1  Montreal /5  Boston /1
1987  NY Giants /1  Minnesota /2  Edmonton /1  LA Lakers /1
1988  Washington/3  Los Angeles /2  Edmonton /2  LA Lakers /1
1989  San Fran /2  Oakland /1  Calgary /1  Detroit /1

 

NFL / rang MLB / rang NHL / rang
2003 Tampa /2 Florida /4 New Jersey /2  San Antonio /1
2004 New England/1 Boston /4 Tampa Bay /1  Detroit /3
2005 New England/2 Chi White Sox /1  —————-  San Antonio /2
2006 Pittsburgh/6 St.Louis /3 Carolina /2 Miami /2
2007 Indianapolis/ 3 Boston /1 Anaheim /2  San Antonio /3
2008 NY Giants /5 Philadelphia /2 Detroit /1  Boston /1
2009 Pittsburgh /2 NY Yankees /1 Pittsburgh /4  LA Lakers /1
2010 New Orleans /1 San Francisco/2 Chicago /2  LA Lakers /1
2011 Green Bay/6 St.Louis /4 Boston /3 Dallas /3
2012 NY Giants /4  ?  6 or 8 seed?  ?

 

Résultat : les meilleures équipes gagnaient plus souvent dans les années 80 et les dynasties sont en voie d’extinction.

Les eighties ont été marquées par les Lakers et les Celtics dans la NBA, les Islanders et les Oilers dans la NHL, San Francisco dans la NFL et Los Angeles dans la MLB. Dans les années 2000, mis à part les Spurs dans la NBA et les Patriots dans la NFL, aucune équipe des 4 circuits majeurs ne s’est élevée au rang de dynastie. Pourquoi ?

Plusieurs paramètres ont changé :

1) Le marché des joueurs autonomes, combiné au plafond salarial dans certaines ligues, empêchent les équipes d’accumuler beaucoup de talent. Prenez les Blackhawks de Chicago. Après leur conquête de 2010, ils ont été capables de signer Toews, Kane, Seabrook et Keith, mais ils n’ont pu conserver les services de leurs meilleurs joueurs de soutien (Ladd, Byfuglien et Versteeg), essentiels pour remporter les grands honneurs.

2) Les diverses expansions peuvent aussi avoir dilué le talent, quoique cette raison ne peut à elle seule tout expliquer. Parallèlement, les ligues majeures se sont aussi ouvertes sur le reste du monde. Des athlètes de partout à travers la planète (et de très bons) se rendent maintenant en Amérique pour jouer avec la crème.

3) La technologie moderne et un meilleur suivi des athlètes (nutritionnistes, experts en conditionnement physique, psychologues) font en sorte que la plupart des équipes sont bien coachées. Des systèmes défensifs efficaces sont depuis mis en place, permettant aux équipes moins talentueuses de rivaliser avec les meilleures. Pensez Canadiens contre Capitals en 2010.

Relançons ici la question qui a intéressé le site LastWordOnSports : cette ère de parité est-elle bonne pour le fan de sports ?

Certains avancent que le sport était bien plus excitant dans les années 80; l’époque des dynasties permettait de voir à l’oeuvre les meilleures équipes à l’apogée de la grande danse du printemps, et non des équipes moribondes ayant joué de chance le temps de quelques joutes.

M’est avis que les bon côtés de la parité surpassent les mauvais. Un peu comme le disait un clairvoyant Ben Stiller dans le classique Dodgeball, les gens veulent être divertis, entertained. La parité permet ça, justement. Qu’y a-t-il de plus enivrant que de ne pas connaitre la conclusion d’un match, d’une série ? Le Superbowl 2008, où les Giants ont renversé des Patriots à la fiche immaculée (avec l’attrapé mémorable de David Tyree) possède un cachet bien plus spécial qu’une finale à sens unique des impénétrables Celtics de Boston.

Je ne vois que du positif à ce que toutes les directions des équipes professionnelles travaillent sans relâche afin de se distinguer de la masse et ainsi bonifier leur chance de remporter leur championnat respectif.

Préférez-vous la parité ou l’époque des dynasties ? À vous de commenter !

** Parce qu’on doit tous se faire plaisir de temps à autre, voici la séquence de Ben Stiller brièvement décrite plus haut.

Par Mathieu Angers


3 Comments »

  1. Boudy June 6, 2012 at 2:43 am - Reply

    Excellent article! Personnellement, je crois que la parité est quelque chose de très bénéfique pour une ligue sportive professionnelle. Même si j’aurais bien aimé voir à l’oeuvre les Islanders début 80 et les Oilers milieu/fin 80, le fait de savoir que chaque année pratiquement n’importe quel club peut espérer remporter la coupe Stanley est hautement plus intéressant selon moi.

  2. Mathieu Angers June 6, 2012 at 4:35 am - Reply

    Merci Boudy pour le tuyau, en passant !

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