Qui est Alex Galchenyuk ?

Mathieu Angers June 21, 2012 1
Qui est Alex Galchenyuk ?

Drôle de nom dans une drôle année de repêchage.

Alex Galchenyuk est la saveur de la semaine dans les chaumières sportives du Québec. Bien que très peu d’élus aient eu la chance de le voir évoluer sur une base quotidienne, un consensus semble s’être développé sur sa sélection au 3e rang, choix appartenant au Canadien de Montréal.

Mais qui est Alex Galchenyuk ? Quelles sont ses forces, ses faiblesses, sa personnalité ?

Retour en arrière, fin du mois de mai. C’est le NHL Combine à Toronto, sorte de foire où les meilleurs espoirs du prochain repêchage sont soumis à une batterie de tests physiques. La pression est lourde sur les épaules de Galchenyuk; son genou donne des maux de tête aux recruteurs, même s’il est parfaitement remis de sa grave blessure subie en début de saison. Pas question pour lui de vomir son bacon sur le tapis roulant.

Il a été tout sauf décevant, terminant premier au “Peak Power Output”, test qui mesure la puissance des jambes. Un bon “peak power” permet souvent une grande vitesse sur patin. Son score de 15,6 watts/kg se compare à celui de Tyler Seguin (15,4 watts/kg), lui-même un excellent “marchand de vitesse” comme le veut l’expression consacrée.

“C’est un vrai rat de gymnase”, a affirmé au Globe & Mail l’entraineur physique Matt Nichol, qui travaille avec les meilleurs espoirs du repêchage et aussi avec des joueurs de la LNH. ” Bien des gens ont été impressionnés lorsqu’ils l’ont rencontré en personne au Combine. C’est un gars gros et puissant qui s’entraine extrêmement fort.”

Son histoire va plus loin que sa blessure ou son amour pour le gymnase. Américain avant d’être Russe (il n’utilise plus son passeport russe et veut jouer pour Hockey USA), il a grandi un peu partout à travers le monde, au gré de la carrière de hockeyeur de son père. États-Unis, Allemagne, Italie, Biélorussie, Russie. Il parle plus de trois langues et baragouine quelques mots de français. Il revient en Amérique à 15 ans pour être repêché au premier rang de la OHL par le Sting de Sarnia, équipe pour laquelle il marquera 83 points à sa saison recrue. Le buzz autour d’Alex Galchenyuk est lancé.

C’est que son physique fait rêver : il mesure déjà 6 pieds et 1 pouce et pèse près de 200 livres. Lorsqu’il aura pris plus de muscles, on s’attend à ce qu’il fasse osciller la balance à 225 livres. Le très réputé McKeen’s, souvent considéré comme la référence ultime sur le repêchage, parle d’Alex Galchenyuk en des termes très élogieux. Il est à la fois un compteur (“deadly shot”) et un passeur; son jeu est cérébral et se déroule à très grande vitesse. Il s’occupe de sa défensive avec “enthousiasme” et accorde une grande attention aux détails. On le compare souvent à Marian Hossa, ce qui est loin d’être vilain.

Mais plus que ses statistiques ou ses mensurations, c’est sa personnalité qui le distingue des autres. Il possède une éthique de travail exemplaire. Il est intelligent. Et il est articulé en entrevue. Son entraineur à Sarnia, Jacques Beaulieu (père de Nathan), vante son talent et ses habitudes de travail; il raconte même que son potentiel pourrait être plus élevé que celui de Yakupov.

Justement, un dépisteur de la LNH y est allé d’une jolie comparaison : la différence entre Galchenyuk et Yakupov ressemble à celle entre Jonathan Toews et Patrick Kane, respectivement. Deux joueurs fabuleux, mais Jonathan Toews représente l’archétype du joueur de concession, d’une superstar qui peut trainer un club sur ses épaules. Même si Patrick Kane possède un meilleur talent brut.

Ceci dit, avec sa grave blessure au genou et son mince échantillon de matchs cette année, il serait étonnant que Galchenyuk soit repêché au premier rang. Les listes professionnelles de repêchage ne s’entendent même pas sur son rang de sélection : McKeen’s le classe au 2e rang, la NHL’s Central Scouting au 4e rang, le Red Line Report au 6e rang et la ISS au…14e rang !

Entendons-nous, la sélection d’Alex Galchenyuk comporte certains risques. Ce semble être la fatalité des 3e choix au total : pour un Jonathan Toews (2006), un Matt Duchene (2009) ou un Marian Gaborik (2000), il y a un Cam Barker (2004), un Alex Svitov (2001) ou un Kyle Turris (2007).

Mais avec son talent et sa personnalité, Alex Galchenyuk a tout le potentiel pour être le meilleur joueur de ce repêchage 2012, un fait d’armes peu commun dans les riches archives de la Sainte-Flanelle.

La réponse ce soir !

Sources: Globe & Mail, Sportsnet, Bleacher Report
Mathieu Angers

One Comment »

  1. Alix June 22, 2012 at 4:25 pm - Reply

    Vraiment intéressant cette plongée plus en profondeur !! J’adore la comparaison avec le duo Kane/Toews. So obvious quand tu y pense.

Commentez ! »